Incendie au PN Réunion

Incendie dans le cœur du Parc national de La Réunion
samedi 26 novembre 2011
par  Yannick ZITTE

Un an après l’incendie qui a ravagé 800 ha de forêt au Maïdo (hauts du versant ouest de l’île), plusieurs départs de feux (probablement d’origine criminelle) sont signalés sur ce même massif et en cœur du Parc national le 25 octobre 2011 dans l’après-midi.
Aussitôt l’alerte donnée, le personnel du Parc est mobilisé pour se mettre à la disposition du poste de commandement des services de lutte contre le feu. Les agents du Parc accompagnent et guident les pompiers grâce à leur bonne connaissance du terrain, apportent aide et conseil pour la création de pistes et de pare-feux et contrôlent les accès à la zone.
Dans le même temps, toutes les informations sur les enjeux écologiques (habitats, espèces) sont communiquées au PC afin d’être intégrées dans le plan d’intervention.

Malheureusement, en raison de conditions climatiques défavorables (sècheresse et vents forts), l’incendie connait une progression spectaculaire. En 3 jours, la superficie de la zone incendiée équivaut à celle de 2010 sur 14 jours.

A la date du 23 novembre, la zone touchée (planèze du Grand Bénare et une partie des remparts de Mafate et Cilaos) est de 2900 ha (dont 1800 en cœur de Parc). Le feu est maitrisé mais de nombreux foyers souterrains restent actifs dans « l’avoune » (sol formé par une épaisse couche de litière organique).

Le massif concerné recèle des écosystèmes altimontains remarquables qui abritent des espèces indigènes patrimoniales. A cette altitude (entre 1 400 et 2 800 m) le taux d’endémisme est maximal (90% des espèces indigènes). A ce jour, 26 espèces végétales rares sont touchées, dont 16 très menacées.
Concernant la faune, toutes les nichées de l’année des oiseaux forestiers protégés (tec-tec, oiseau vert, papangue,...) ont été brûlées. Située dans les remparts du cirque de Cilaos, la colonie de Pétrels de Barau, espèce endémique et menacée a été préservée. Une station de lézard vert des hauts récemment découverte au Maïdo et endémique est touchée. Un bilan précis de la population sera effectué lors du comptage prévu en décembre.
Actuellement, les agents du Parc, accompagnés d’experts missionnés par le ministère de l’environnement débutent l’évaluation des impacts sur la biodiversité et réfléchissent aux différentes possibilités de restauration des milieux.
Les premières actions urgentes déjà identifiées seront de limiter l’érosion des sols mis à nus et la lutte contre les espèces invasives favorisées par l’incendie (notamment l’ajonc d’Europe).

Les stigmates de cette catastrophe écologique resteront visibles pendant plusieurs décennies dans les paysages et le cœur des réunionnais.


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