Portrait de terrain

Xavier NICOLLE
lundi 17 février 2014
par  Xavier NICOLLE

Où travaillez-vous ?
Je fais partie des petits veinards qui ont le plaisir de travailler en Provence pour le Grand Site Sainte Victoire « Labellisé Grand Site de France ». C’est un syndicat mixte intercommunal qui a en gestion un espace naturel de 35 000 hectares, sur 14 communes. La plus grande partie du territoire est en site classé et en zone Natura 2000. JPEG - 98.1 ko Le rôle d’un « Grand Site » est de gérer des équilibres difficiles, comme la préservation du site et de la vie locale, l’accueil du public, la gestion des centaines de milliers de visiteurs. De développer un tourisme respectueux et créateur de développement durable pour les habitants et la région. Nous aidons les gens à se mettre d’accord, en instaurant le dialogue. JPEG - 129.7 ko

Quelles sont vos principales missions ?
Je suis responsable du GSA « Groupe de Surveillance et d’Accueil » qui est constitué de 10 Gardes Nature et d’un responsable adjoint. JPEG - 57.9 ko
En tant que responsable, je réalise bien évidement des missions d’encadrement et d’animation d’équipe. Une des spécificités de notre équipe est de pouvoir réaliser des chantiers en espaces naturels en étant autonome et le plus réactif possible. En tant que référent chantiers, j’organise la préparation des activités de débroussaillement, du balisage des sentiers ou l’entretien de petits patrimoines. JPEG - 55.4 ko
Je participe aux suivis des manifestations sportives de pleine nature en utilisant comme outils notre charte des manifestations. Printemps, été, automne je réalise des patrouilles de surveillance en binôme sur le territoire. L’été nous faisons appliquer l’arrêté réglementant la circulation dans les massifs en fonction du risque incendie avec un renfort de 8 saisonniers « APSIF ». Et enfin, je suis référent pour le suivi des populations de la Chevêche d’Athéna. JPEG - 88.8 ko

Quel est votre cursus/expérience ?
J’ai réalisé des études de paysagisme (BTA, BTS) pour travailler dans une entreprise privée réalisant des créations d’aménagements de jardins. Ensuite j’ai eu la chance de rentrer dans le service des espaces verts de la ville de Maisons-Alfort (94) pour passer progressivement d’agent technique, à responsable d’une équipe et d’un secteur de la ville et, terminer responsable de la régie avec en gestion 35 agents sur un fleurissement d’un niveau 4 fleurs.
Pour ce qui est des connaissances naturalistes, et bien, je suis quelqu’un d’autodidacte. A huit ans je me promenais seul en forêt avec mes jumelles et mon carnet de terrain. La curiosité m’a poussé à m’intéresser à la nature et plus particulièrement à l’ornithologie et à la botanique.
Maintenant j’ai l’opportunité de pouvoir réaliser des formations naturalistes par l’intermédiaire de L’ATEN « L’Atelier Technique des Espaces Naturels ».

Depuis combien de temps faites-vous ce travail ?
J’ai été embauché en février 2004 en tant que responsable adjoint de l’équipe du Groupe de Surveillance et d’Accueil. A l’époque je travaillais en région parisienne. Il a fallu tout quitter. C’était un sacré challenge, mais je ne le regrette absolument pas.

JPEG - 37.8 ko Quelle(s) partie(s) de votre travail préférez-vous ?
Même si ce métier demande énormément de polyvalence, il y a quand même des missions qui ont ma préférence. J’adore échanger avec le public, lors des rencontres sur les sentiers de randonnées du massif. Ils sont souvent curieux et intéressés par la nature qui les entoure. Je prends énormément de plaisir à participer aux suivis naturalistes. Pour moi, connaître son territoire et faire partager ce savoir et ses expériences au grand public est le socle de notre métier.

Quelle est l’anecdote qui retrace le moment le plus fou/dangereux/drôle que vous ayez vécu dans l’exercice de vos fonctions ?
Il y en a plusieurs, mais j’ai le souvenir d’une journée où la nature est devenue notre complice. Lors d’une sortie pour la fête de la nature 2010, nous avons passé la journée avec un groupe d’une dizaine de personnes. Le thème, était de découvrir certaines espèces faunistiques et floristiques de Sainte Victoire. Ce jour là, nous avons eu un vrai festival, comme si toutes les espèces patrimoniales du territoire s’étaient données rendez vous pour émerveiller les randonneurs de notre groupe. Les rencontres se sont enchainées, Scorpion jaune Languedocien, Fauvette Orphée, Ophrys de la Drôme, Aigle de Bonelli, Monticole bleu et des rochers, Traquet Oreillard, Anthémis de Gérard, Pipit Rousseline… A la fin de la journée, l’émotion était au rendez vous, le groupe était conquis. Ils ne verraient plus jamais Sainte Victoire du même œil.

Pourquoi votre travail est-il important à vos yeux ?
Avoir une équipe de Gardes Nature sur le terrain est une chance incroyable pour le territoire. Nous sommes les sentinelles de l’espace naturel. Nos remontées d’informations qui émanent du terrain, permettent aux chargés de mission, à la direction, aux élus de lancer des programmes d’actions pour gérer aux mieux ce site. Le cœur de notre métier, c’est aussi rencontrer « les vrais gens » ceux qui font vivre et vivent du territoire. Echanger avec les agriculteurs, les chasseurs, les artisans, les randonneurs, les forestiers … c’est avant tout construire l’avenir. Alors comme l’a écrit Christiane Capus, notre chargée des relations extérieures : Alors le Garde Nature, un couteau suisse ? Sans aucun doute.


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